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Facture électronique et auto-entrepreneur : ce qui change en 2026

Auto-entrepreneur et facture électronique obligatoire : calendrier, obligations, impact sans TVA, quelle plateforme choisir et à quel prix. Guide complet pour les 3,2 millions de micro-entrepreneurs.

Par Shubham Sharma ·

Les auto-entrepreneurs sont concernés par la facture électronique

La France compte 3,2 millions de micro-entrepreneurs actifs en 2025 selon l’INSEE. J’ai analysé les textes officiels pour clarifier un point qui génère beaucoup de confusion : tous sont concernés par la réforme, y compris ceux qui bénéficient de la franchise en base de TVA.

Le décret n° 2024-266 du 25 mars 2024 ne fait aucune distinction de taille : tout assujetti à la TVA au sens de l’article 256 A du CGI entre dans le périmètre de la réforme. Or, un auto-entrepreneur est assujetti à la TVA même lorsqu’il en est exonéré au titre de la franchise en base (article 293 B du CGI). Cette distinction juridique est fondamentale et source de confusion.

Concrètement, si vous facturez au moins un client professionnel (B2B), vous devez vous préparer dès maintenant. Seuls les auto-entrepreneurs dont l’intégralité du chiffre d’affaires provient de ventes à des particuliers (B2C pur) ne sont pas concernés par le e-invoicing, mais ils restent soumis au e-reporting.

Calendrier spécifique pour les auto-entrepreneurs

Les auto-entrepreneurs relèvent de la catégorie des micro-entreprises et suivent donc le calendrier suivant :

DateObligationDétails
1er septembre 2026Réception obligatoireTous les auto-entrepreneurs doivent pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée
1er septembre 2027Émission obligatoireTous les auto-entrepreneurs doivent émettre leurs factures B2B au format électronique structuré
1er septembre 2027E-reporting obligatoireTransmission des données des ventes B2C et internationales

La première échéance est donc le 1er septembre 2026. À cette date, vous devez avoir choisi une plateforme agréée et être en mesure de recevoir les factures de vos fournisseurs au format électronique. Pour le détail de toutes les échéances, consultez le calendrier complet de la réforme.

Franchise de TVA : vous êtes quand même concerné

C’est le point qui génère le plus de questions. Vous ne facturez pas la TVA grâce à la franchise en base ? Vous êtes quand même dans le périmètre de la réforme.

Le raisonnement est le suivant : la franchise en base de TVA (article 293 B du CGI) vous dispense de collecter et de reverser la TVA, mais ne modifie pas votre statut d’assujetti. L’obligation de facturation électronique porte sur les assujettis, pas sur les redevables. Vous êtes donc concerné.

En pratique, si vous facturez un autre professionnel (B2B), votre facture doit :

  • Être émise dans un format structuré (Factur-X, UBL ou CII)
  • Transiter par une plateforme agréée
  • Contenir la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI »

Si vous ne facturez que des particuliers (B2C), vos factures n’entrent pas dans le circuit du e-invoicing. En revanche, vous êtes soumis au e-reporting : vous devrez transmettre les données agrégées de vos ventes B2C via votre plateforme agréée à partir du 1er septembre 2027. Pour comprendre ce volet, consultez notre guide sur le e-reporting.

Quelle plateforme agréée choisir ?

En avril 2026, 112 plateformes agréées (PA) sont immatriculées par la DGFiP. J’ai comparé les offres qui ciblent les indépendants : toutes ne se valent pas pour un auto-entrepreneur. Votre besoin est spécifique : un faible volume de factures, une interface simple, et un prix compatible avec les marges d’une micro-entreprise.

Plusieurs éditeurs ciblent explicitement les indépendants et auto-entrepreneurs :

  • Abby : logiciel de facturation conçu pour les auto-entrepreneurs, devenu plateforme agréée. Interface simple, gestion de l’URSSAF intégrée.
  • Tiime : outil de facturation et comptabilité pour les indépendants, avec une offre PA incluse.
  • Pennylane : solution comptable collaborative avec module de facturation électronique intégré. Adapté si vous travaillez avec un expert-comptable.
  • Indy : spécialisé dans la comptabilité des indépendants, avec une PA intégrée à leur plateforme.

Les critères de choix pour un auto-entrepreneur sont : le prix mensuel, la simplicité de prise en main (pas de formation nécessaire), l’intégration avec vos outils existants (banque, comptabilité, URSSAF), et la gestion du e-reporting si vous avez des clients particuliers.

Consultez notre comparatif des plateformes agréées pour une analyse détaillée, et la liste complète des PA pour vérifier les offres disponibles.

Combien ça coûte ?

Le coût est la préoccupation principale des auto-entrepreneurs, et je comprends : les marges d’une micro-entreprise sont souvent serrées.

Plusieurs plateformes proposent des offres gratuites pour les auto-entrepreneurs, avec des limitations sur le nombre de factures mensuelles (généralement 5 à 10 factures par mois). Au-delà, les offres payantes se situent dans une fourchette de 5 à 15 EUR par mois.

Fourchette de prixCe que vous obtenez
0 EUR/moisOffre gratuite limitée (5-10 factures/mois, fonctions de base)
5-9 EUR/moisFacturation illimitée, e-reporting inclus, support par email
10-15 EUR/moisFonctions avancées, intégrations bancaires, support prioritaire

Ces montants sont à mettre en perspective avec les sanctions : 50 EUR par facture non conforme, plafonné à 15 000 EUR par an (article 1737 II bis du CGI). Pour un auto-entrepreneur émettant 20 factures par mois, le risque annuel est de 12 000 EUR. Le rapport coût/risque est sans appel.

Le coût de la plateforme agréée est déductible de votre chiffre d’affaires dans le calcul de vos cotisations sociales si vous êtes au régime micro-BNC, et peut constituer une charge dans le cadre du versement libératoire.

Comment se préparer dès maintenant

Voici les quatre étapes à suivre avant septembre 2026 :

1. Choisir sa plateforme agréée. Ne tardez pas. Les PA sont déjà sollicitées et les délais d’inscription s’allongent. Comparez les offres sur notre page dédiée aux plateformes et sélectionnez celle qui correspond à votre activité.

2. Vérifier la conformité de ses factures. Vos factures actuelles contiennent-elles toutes les mentions obligatoires ? Sont-elles dans un format qui peut être converti en Factur-X ou UBL ? Utilisez notre validateur gratuit pour tester vos factures et identifier les corrections à apporter.

3. Tester avant septembre 2026. Une fois inscrit sur votre PA, envoyez et recevez des factures de test. La phase pilote est ouverte depuis le 27 février 2026. Profitez-en pour identifier les problèmes avant que les sanctions ne s’appliquent.

4. Informer ses clients. Prévenez vos clients professionnels que vous passerez à la facturation électronique. Communiquez-leur votre identifiant sur l’annuaire du PPF pour qu’ils puissent vous adresser leurs factures via leur propre PA.

Pour un guide complet sur le choix de votre PA, consultez notre guide dédié.

E-reporting : l’autre obligation à ne pas négliger

Si vous réalisez des ventes à des particuliers (cours, coaching, services à domicile, vente sur les marchés), vous êtes concerné par le e-reporting en plus du e-invoicing.

Le e-reporting consiste à transmettre à la DGFiP, via votre plateforme agréée, les données agrégées de vos ventes B2C : montant total HT et TTC de la journée, ventilation par taux de TVA (même si vous êtes en franchise de TVA, la donnée doit être transmise), et nombre de transactions.

Cette obligation s’applique à partir du 1er septembre 2027 pour les auto-entrepreneurs. La sanction en cas de défaut est de 500 EUR par transmission manquante, plafonnée à 15 000 EUR par an.

Pour un auto-entrepreneur qui réalise à la fois du B2B et du B2C, les deux volets s’appliquent : e-invoicing pour les factures professionnelles, e-reporting pour les ventes aux particuliers. Votre plateforme agréée doit gérer les deux. Vérifiez ce point avant de vous engager.

Consultez notre guide complet sur le e-reporting pour comprendre les données à transmettre et les délais applicables.

Questions fréquentes

Quand un auto-entrepreneur doit-il passer à la facture électronique ?

Un auto-entrepreneur doit pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée dès le 1er septembre 2026. Pour l'émission de factures électroniques, il a jusqu'au 1er septembre 2027. Ces dates s'appliquent que l'auto-entrepreneur soit redevable de la TVA ou en franchise de TVA.

Un auto-entrepreneur en franchise de TVA est-il concerné par la facture électronique ?

Oui. Un auto-entrepreneur en franchise de TVA (article 293 B du CGI) est concerné dès lors qu'il facture des entreprises assujetties à la TVA (B2B). Ses factures doivent transiter par une plateforme agréée au format structuré. Seules les ventes exclusivement B2C (aux particuliers) échappent au e-invoicing, mais restent soumises au e-reporting.

Quelle plateforme agréée choisir quand on est auto-entrepreneur ?

Plusieurs plateformes agréées ciblent les indépendants avec des offres adaptées : Abby, Tiime, Pennylane et Indy proposent des formules à partir de 0 EUR/mois (offres gratuites limitées) jusqu'à 15 EUR/mois. Les critères principaux sont le prix, la simplicité d'utilisation et l'intégration avec votre logiciel de facturation existant.

Combien coûte la facture électronique pour un auto-entrepreneur ?

Certaines plateformes agréées proposent des offres gratuites pour les auto-entrepreneurs avec un faible volume de factures. Les offres payantes se situent entre 5 EUR et 15 EUR par mois. À comparer avec la sanction de 50 EUR par facture non conforme (plafond 15 000 EUR/an).

Quelle est la différence entre réception et émission pour un auto-entrepreneur ?

La réception consiste à recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs via votre plateforme agréée : elle est obligatoire dès le 1er septembre 2026. L'émission consiste à envoyer vos propres factures au format électronique structuré via une plateforme agréée : elle est obligatoire pour les auto-entrepreneurs à partir du 1er septembre 2027.